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Le Tchad arrête brièvement trois défenseurs des droits humains : une tentative de faire taire les victimes de Hissène Habré

Le 2 octobre 2024 à Yaoundé, des avocats défenseurs des droits humains ont été arrêtés par les forces de sécurité tchadiennes lors d’une conférence de presse. Cette intimidation alarmante soulève des préoccupations mondiales sur la persécution des défenseurs des droits et la nécessité d’une justice pour les victimes des atrocités sous le régime de Hissène…

Yaoundé, Cameroun – 2 octobre 2024 – Dans une démonstration choquante d’intimidation, les forces de sécurité tchadiennes ont arrêté aujourd’hui M. Reed BrodyIldjima LOKIAM et Me Delphine Kemneloum Djiraibé lors d’une conférence de presse organisée au Centre d’Études et de Formation pour le Développement (CEFOD).

Selon des témoins, la police a fait irruption dans le bâtiment du CEFOD et a tenté de forcer violemment les avocats à monter dans un fourgon de police, comme s’il s’agissait de criminels ordinaires. Des agents, sans présenter de mandat judiciaire, ont encerclé les lieux où se trouvaient les avocats, des leaders de la société civile et le public. Dans une atmosphère tendue et chaotique, la police a finalement renoncé à utiliser ses véhicules et a contraint les avocats à monter dans un véhicule du CEFOD pour les conduire, apparemment, au siège des Renseignements Généraux.

« Nous sommes extrêmement préoccupés par cette tentative sournoise du gouvernement tchadien de faire taire les victimes de violations graves des droits humains en brutalisant leurs avocats, » a déclaré Andrea Ngombet, président de la Coalition Ouverte pour l’Afrique Centrale (OCA).

« C’est une manœuvre alarmante qui dégage une forte odeur d’intimidation et en dit long sur le degré auquel les autorités sont prêtes à aller pour étouffer la justice et la reddition de comptes. »

Cet acte brutal s’inscrit dans un schéma inquiétant de persécution contre ceux qui tentent de mettre en lumière les crimes du régime de Hissène Habré, dictateur du Tchad de 1982 à 1990, tristement célèbre pour sa brutalité. Des milliers de Tchadiens ont été torturés, assassinés ou ont « disparu » sous sa dictature. En 2016, Habré a été jugé et condamné pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité et actes de torture par un tribunal international. Les avocats arrêtés aujourd’hui jouent un rôle clé dans la quête de justice pour les victimes de ce régime.

Selon Tutu Alicante, trésorier de l’OCA :

« L’arrestation de ces défenseurs des droits humains, reconnus à l’international, dépasse le cadre local : il s’agit d’une violation flagrante du droit international.

L’article 16 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) garantit aux avocats le droit d’exercer leur profession sans crainte d’intimidation. En arrêtant ces juristes, les autorités tchadiennes ont franchi une ligne rouge dangereuse. La communauté internationale ne peut pas rester silencieuse, car ce type d’action risque d’être reproduit par d’autres kleptocrates autoritaires de la région. »

Opening Central Africa appelle le gouvernement tchadien à enquêter sur cet incident et à faire toute la lumière sur cette arrestation et le transfert illégal de ces avocats, dont le seul « crime » est d’œuvrer pour la justice en faveur des victimes d’atrocités. Leur sécurité doit être garantie, et toute tentative de déporter des avocats ou défenseurs internationaux doit être fermement condamnée.

Nous appelons l’Union africaine et la communauté internationale à se mobiliser en soutien à ces courageux défenseurs des droits humains, dont le travail est essentiel pour assurer justice et réparation aux victimes de crimes odieux et de la terreur d’État.

Le Tchad doit être tenu responsable de ces actesLa justice ne doit pas être réduite au silence.

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